Après avoir découvert l’assistance ponctuelle de l’intelligence artificielle pour générer quelques contenus ou objets d’emails, les équipes marketing franchissent aujourd’hui un cap décisif : celui du marketeur augmenté (AI-Augmented). Cette étape marque un tournant important où le logiciel cesse d’imposer son mode d’emploi pour s’adapter naturellement aux besoins de l’utilisateur.
Mais comment s’articule concrètement cette nouvelle collaboration à parts égales entre le cerveau humain et la machine ? Qu’est-ce qui relève désormais de l’automatisation intelligente, et qu’est-ce qui doit nécessairement rester sous la supervision du marketeur ? Pour Arthur Lacroix, Head of Product Marketing chez imagino, cette révolution repose sur une architecture solide et sur une philosophie de transparence totale. Explications.
Pendant longtemps, utiliser une plateforme marketing demandait de se former à sa logique, à ses menus et à ses contraintes. Avec Imogen, cette dynamique s’inverse. L’intelligence artificielle prend désormais en charge l’intégralité de la complexité opérationnelle : elle explore les bases de données, construit des audiences, génère des requêtes complexes et prépare les parcours d’engagement. Cependant, l’IA ne dédouane en aucun cas le marketeur de ses responsabilités. L’humain reste le seul garant de l’intention, de la stratégie, du ton de la marque et des objectifs métiers finaux.
« Si l’IA augmente considérablement la capacité d’action et la vélocité du marketeur, elle ne remplace pas le jugement critique apporté par son expertise. »
Chez imagino, le moteur de cette phase augmentée est l’intelligence artificielle Imogen. Plutôt que d’agir comme un simple assistant passif ou déconnecté, Imogen est véritablement le pilote de la plateforme d’engagement client (CEP), et transforme l’intention du marketeur en une exécution fluide. Pour qu’elle puisse collaborer efficacement avec les équipes, Imogen s’appuie sur le standard MCP (Model Context Protocol). Ce protocole agit comme un pont sécurisé permettant à n’importe quel grand modèle d’IA (Claude, Gemini, OpenAI, Mistral ou encore Snowflake Cortex) de se connecter aux données de l’entreprise.
Mais la véritable force d’Imogen réside dans sa capacité à animer une boucle d’engagement continue. L’IA analyse les signaux en temps réel, recommande la meilleure action et active le parcours sur tous les canaux. Surtout, Imogen repose sur trois cœurs essentiels : les données en temps réel (pour agir au bon moment), la sécurité (pour garantir la solidité de la plateforme) et la gouvernance (pour garder la maîtrise). Cette dernière permet de définir des accès stricts (lecture seule ou écriture) selon le profil de l’utilisateur (un marketeur junior versus un responsable par exemple) et le périmètre de ses missions.
Avec la possibilité de requêter des données en langage naturel via une simple interface de chat, on pourrait croire que les profils techniques n’ont plus leur place. C’est une erreur. Chez imagino, la philosophie est claire : No Black Box (pas de boîte noire). Autrement dit, toutes les fonctionnalités pour lesquelles l’IA intervient restent entièrement éditables par les experts, il n’y a pas de génération de code verrouillé.
Garder la main sur le code brut (SQL, HTML) est nécessaire pour faire cohabiter les différentes générations d’utilisateurs, mais surtout pour répondre à deux impératifs majeurs.
Pour illustrer la puissance de ce nouveau paradigme, prenons un cas d’usage fréquent : le remplacement d’un expert historique de l’entreprise par un nouveau collaborateur qui ne connaît ni la structure de la base de données, ni le logiciel imagino. Grâce à une connexion rapide via le protocole MCP, il peut interroger la plateforme via un client d’IA externe (comme Claude par exemple). En cinq minutes, l’IA lui génère un tableau de bord complet sur l’état de la base (actifs, inactifs, opt-ins).
Constatant qu’une majorité de la base est inactive, il décide de lancer une campagne de réactivation. En moins d’une heure, et sans aucune connaissance préalable de l’outil ni de l’historique des actions, le marketeur peut comprendre sa base de données et créer une campagne multicanale complexe. Là où il fallait des mois d’apprentissage pour un nouvel arrivant, l’IA lui permet de devenir opérationnel beaucoup plus rapidement, prévient les erreurs de manipulation et exécute les intentions instantanément.
Aujourd’hui, nous sommes dans une logique d’AI Decisioning : l’IA prédit et recommande la Next Best Action, mais c’est l’humain qui décide et valide. Demain, l’ultime étape sera celle de la plateforme agentique (AI-Powered), où la machine poursuivra en continu des objectifs métiers (engagement, fidélisation, conversion) de façon autonome.
Attention cependant, un marketing sans marketeur est une illusion. L’autonomie de la machine exigera un travail humain d’une précision inédite avec la définition rigoureuse de « guardrails » (garde-fous).
« Le marketeur de demain ne passera plus son temps à paramétrer des campagnes, mais à configurer le budget maximum, les règles de pression commerciale et les seuils d’atteinte d’objectifs qui guideront l’IA agentique en toute sécurité. »
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