Le 14 avril 2026, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a publié une recommandation majeure concernant l’utilisation des pixels de tracking dans les emails. Cette prise de position clarifie les règles applicables et impacte directement les pratiques des équipes CRM, marketing et data.

Voici ce qu’il faut retenir pour adapter vos usages et rester conforme.

 

Pour rappel, qu’est-ce qu’un pixel de tracking email ?

Un pixel de tracking est une image invisible (généralement 1×1 pixel) intégrée dans un email. Lorsqu’un destinataire ouvre le message, ce pixel transmet différentes informations à l’expéditeur, telles que :

  • l’ouverture de l’email
  • la date et l’heure de lecture
  • le type d’appareil utilisé
  • une localisation approximative (via l’adresse IP)

Cette technologie est historiquement utilisée pour mesurer le taux d’ouverture des campagnes email.

Ce que dit la recommandation d’avril 2026 de la CNIL sur les pixels de suivi

La CNIL distingue désormais clairement deux types d’usages.

  1. Les usages exemptés de consentement

Certains usages restent autorisés sans consentement préalable, notamment :

  • mesurer la délivrabilité des emails
  • détecter les adresses inactives

Ces usages doivent rester strictement techniques et non marketing.

  1. Les usages soumis à consentement

Dès lors que les données issues du pixel sont utilisées à des fins marketing, un consentement explicite devient obligatoire.

Cela inclut notamment :

La CNIL rappelle également plusieurs principes clés des RGPD :

  • finalité claire et déterminée
  • minimisation des données collectées
  • possibilité de retirer son consentement facilement

 

 

Comment se mettre en conformité avec la réglementation CNIL

Sur les nouveaux contacts

  • Informer clairement de l’utilisation des pixels dès la collecte
  • Recueillir un consentement explicite (opt-in) pour les usages marketing
  • Éviter toute case pré-cochée

Sur vos bases existantes

Pour les bases existantes, la CNIL n’impose pas de délai strict mais recommande d’effectuer les actions suivantes :

  • informer les contacts existants
  • expliquer les usages des données
  • permettre un retrait simple du consentement

Sur vos outils et processus

Un audit de vos pratiques est indispensable afin de distinguer les usages nécessitant un consentement.

Identifiez si les données d’ouverture sont utilisées dans :

  • vos workflows automatisés
  • vos segmentations CRM
  • vos scénarios de personnalisation
  • vos analyses de performance

Concilier tracking email, performance et conformité

L’évolution réglementaire portée par la CNIL s’inscrit dans une transformation des pratiques marketing : passer d’un tracking systématique à une utilisation plus responsable et maîtrisée de la donnée.

Chez imagino, ces enjeux sont intégrés depuis plusieurs mois dans notre réflexion produit, avec pour objectif de permettre aux équipes marketing de continuer à activer leurs données tout en respectant les exigences de conformité.

Cette approche repose sur une gestion unifiée de la donnée client et du consentement (Customer Engagement Platform), afin d’éviter les traitements isolés et difficilement pilotables.

Concrètement, les évolutions en cours visent à :

  • intégrer le statut de consentement directement dans le profil client
  • permettre une activation conditionnée par le consentement dans les scénarios marketing
  • proposer des alternatives comme un tracking anonymisé lorsque le consentement n’est pas disponible
  • maintenir des indicateurs agrégés pour continuer à piloter la performance

L’objectif est de rendre la conformité opérationnelle et automatisée, sans complexifier les usages des équipes marketing.

Les évolutions nécessaires sont d’ores et déjà planifiées et seront déployées d’ici le troisième trimestre 2026, afin d’anticiper pleinement les recommandations de la CNIL.

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Questions fréquences autour du pixel de tracking email

Tout dépend de vos usages. Si le pixel est utilisé uniquement à des fins de délivrabilité, vous êtes déjà dans un cadre exempté. En revanche, si les données d’ouverture alimentent vos actions marketing (segmentation, personnalisation…), le consentement sera nécessaire.

Pour les nouveaux contacts, oui, en cas d’usage marketing des données d’ouverture (segmentation, scoring, personnalisation), le consentement doit être explicite et non pré-coché.

Pour les bases existantes, la CNIL n’impose pas de délai strict. Sa position est celle d’une tolérance pendant la période de mise en conformité, dès lors que vous pouvez documenter la démarche engagée. La CNIL a d’ailleurs reconnu publiquement que cette mise en conformité nécessite des évolutions techniques importantes côté routeurs et côté marques, et ne peut donc pas être instantanée. Ce qui sera attendu en cas de contrôle, c’est de pouvoir présenter un plan d’action structuré (inventaire des usages, calendrier des évolutions, information progressive des contacts) plutôt qu’une conformité absolue à une date précise.

En tant que membre de l’Alliance Digitale, nous relaierons les webinars organisés par la CNIL et faisons évoluer notre produit pour répondre aux nouvelles exigences. En revanche, la mise en conformité opérationnelle ne relève pas de notre périmètre. Si vous souhaitez un accompagnement dédié, nous vous recommandons des experts reconnus comme IKUSITA et Badsender.