Ces dernières années, les tendances marketing ont été largement dominées par l’IA, des LLM aux approches agentiques. En toile de fond, la donnée est un sujet qui revient sans cesse. Elle a déjà donné naissance à de nombreuses tendances comme le big data ou le stockage vertical. Plus récemment, le concept de Zero Copy s’impose à la fois comme une réflexion stratégique et comme une réponse concrète à plusieurs défis liés aux données. Cet article vise à clarifier le sujet et à partager quelques éléments de réflexion sur la valeur de cette approche.

The Rise of Zero Copy

Pourquoi parle-t-on autant de Zero Copy aujourd’hui ?

Plusieurs raisons expliquent l’intérêt croissant pour le Zero Copy.

La première, assez évidente, tient aux volumes de données collectés par les entreprises, qui sont énormes et en constante augmentation. Une étude récente montre que les PME stockent en moyenne 50 To de données, un chiffre qui peut atteindre 350 To pour les grandes entreprises. Même si les vitesses réseau ont progressé et que le stockage n’a jamais été aussi abordable, déplacer de tels volumes reste loin d’être trivial.

Ensuite, les progrès des technologies de bases de données cloud (comme Snowflake, Google BigQuery, Redshift ou Databricks) ont permis aux équipes IT de construire des data warehouses au sein de leurs clouds privés. Ces bases ne proposent pas toujours des capacités ETL (extraction, transformation et chargement) complètes, mais le chargement des données n’est généralement pas un problème. On pourrait même dire que la data est théoriquement disponible, sans être réellement accessible aux équipes qui en ont le plus besoin, par exemple le marketing qui ne dispose pas toujours des compétences SQL requises.

Parallèlement, le cadre légal n’a cessé d’évoluer vers plus de rigueur. Le RGPD en est l’exemple principal, mais il n’est pas le seul. Au final, l’emplacement des données est devenu un enjeu clé, et ne pas les envoyer vers des solutions SaaS américaines est une préférence largement partagée. Il ne s’agit pas seulement du risque d’accès par des agences gouvernementales, mais aussi du fait que la data est le carburant indispensable à l’entraînement des modèles d’IA de ces acteurs. La souveraineté des données est d’ailleurs une sous-tendance dont on entendra de plus en plus parler.

D’un point de vue stockage, les entreprises ont donc un fort intérêt à conserver la maîtrise de leur actif data, et la technologie leur permet aujourd’hui d’y parvenir de manière scalable et économiquement viable.

Conserver les données dans un environnement sécurisé et techniquement robuste ne représente que la moitié du problème. L’autre enjeu consiste à les rendre disponibles et exploitables par les équipes et les systèmes qui en ont besoin. Le problème, c’est que si ces équipes ou outils commencent à copier les données un peu partout, la promesse initiale est rapidement compromise.

C’est là qu’intervient le Zero Copy.

Les équipes marketing et leurs outils n’ont pas besoin de téraoctets de données brutes. Elles ont besoin d’insights, de décisions et de points de personnalisation. C’est précisément le principe du Zero Copy. Accéder à la donnée sans la dupliquer.

 

Réduction des coûts

Un autre problème adressé par le Zero Copy concerne le modèle de facturation de nombreux éditeurs SaaS, désormais basé sur les événements. Répliquer des téraoctets de données en mouvement constant dans ces plateformes fait rapidement exploser les coûts.

À l’inverse, en ne fournissant aux outils que ce dont ils ont réellement besoin pour fonctionner, le volume d’événements peut être réduit par 10, voire par 100. J’ai d’ailleurs vu des CMO contraints de prendre de mauvaises décisions business simplement à cause d’une facture événementielle imminente.

 

Cohérence des données

Le Zero Copy apporte également des bénéfices plus indirects, comme la cohérence des données. Le marketing moderne repose sur l’intégration de multiples plateformes (CRM, email, réseaux sociaux, analytics, etc.). Limiter les copies redondantes permet d’éviter les divergences de qualité ou les désynchronisations entre systèmes. Un avantage parfois difficile à mesurer à court terme, mais précieux pour prévenir les problèmes de qualité des données sur le long terme.

Dans la même logique, le marketing exige de plus en plus de personnalisation et de réactivité en temps réel. Le Zero Copy réduit la latence en éliminant les mouvements de données inutiles. Lorsque la donnée est consultée directement à la source, elle est par définition fraîche, à jour et temps réel.

 

Une solution miracle ? Pas tout à fait.

Le Zero Copy n’est probablement pas la solution universelle que tout le monde attend. Certaines données doivent toujours circuler, certains systèmes cibles imposent des contraintes spécifiques, et les tech stacks ne sont jamais parfaites. Le monde réel est complexe.

Pour être réellement efficace, l’approche Zero Copy doit être soutenue par des outils adaptés (comme imagino), sans quoi elle risque de rester un simple principe théorique, jamais pleinement réalisé.

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