Imaginez la scène : vous ouvrez un email qui commence par un chaleureux « Bonjour Adrien ». L’accroche est sympa, l’intention est là. Sauf que le contenu, lui, vous propose une sélection exclusive de robes d’été… alors que vous venez de passer 20 minutes à naviguer sur le rayon costumes pour hommes. Frustrant, n’est-ce pas ? Le fossé entre la promesse d’une relation « sur-mesure » et la réalité des messages reçus reste béant.

« C’est le paradoxe actuel du marketing : on n’a jamais autant parlé de personnalisation, et pourtant, les actions passent encore trop souvent à côté de la plaque ».

 
Dans ce contexte, l’IA peut-elle vraiment changer la donne, ou est-ce un simple « buzzword » magique ? Adrien Paul, Group Product Manager chez imagino, nous explique comment passer du buzzword à la performance opérationnelle.

 

 

 

 

Pourquoi ça coince aujourd’hui ? Le casse-tête de la donnée éparpillée

Soyons honnêtes, le quotidien des marketeurs ressemble souvent à un parcours du combattant. Vous avez la volonté de personnaliser à grande échelle, mais vous vous heurtez systématiquement à un mur infranchissable : la fragmentation de la donnée.

Vos informations clients ne sont pas rangées sagement au même endroit. Elles sont éclatées façon puzzle aux quatre coins de l’entreprise : une partie dans le CRM, l’historique d’achat dans le site e-commerce, les tickets de caisse dans le système de Point de Vente (POS), sans oublier les logs de l’application mobile ou les outils de feed. Résultat ? Ces silos ne se parlent pas. Impossible de construire cette fameuse « vue unifiée » du client qui reste, pour beaucoup, un mythe inaccessible.

La conséquence est immédiate et visible pour le consommateur : votre personnalisation reste trop statique, voire superficielle. On se contente d’insérer un prénom (le fameux « Bonjour Prénom »), mais le cœur du message est totalement déconnecté de la réalité du moment. Sur le plan opérationnel, c’est l’enfer.

 
« Créer des segments manuellement est une tâche titanesque. Vous devez souvent demander des extractions complexes à vos équipes IT, attendre qu’elles soient traitées… Et le temps que la donnée vous arrive, elle est déjà périmée ».

 
Quand la campagne part enfin, le client est déjà passé à autre chose, et l’opportunité est perdue.

 

Avec l’IA, adieu les segments figés !

C’est précisément ici que l’IA change les règles du jeu. Elle permet de sortir de la logique de personnalisation « à l’ancienne », qui reposait quasi exclusivement sur des segments rigides et prédéfinis (du type « Hommes, 25-34 ans, urbains, clients fidèles »). Le risque majeur avec ces segments ? Noyer l’individu et ses spécificités dans la masse du groupe.

L’IA, elle, ne raisonne plus en groupes, mais en termes de signaux. Elle est capable de capter l’instant T et le contexte immédiat : une navigation spécifique sur le site il y a tout juste 5 secondes, un produit consulté à plusieurs reprises, une authentification sur l’application mobile, ou même une présence physique détectée à proximité d’un point de vente.

 
« Là où un humain ne peut gérer qu’une poignée de règles, l’IA peut traiter, trier et interpréter des milliers de micro-signaux en temps réel et à l’échelle industrielle ».

 
L’objectif n’est plus de vous faire entrer de force dans une case préconçue, mais de déclencher automatiquement le parcours client qui correspond exactement à votre comportement de l’instant. C’est le passage du marketing de masse à la pertinence individuelle.
 

Le pragmatisme de l’approche « Data First »

Attention toutefois aux mirages technologiques : ne croyez pas qu’il suffit de « brancher » une IA générative sophistiquée sur vos données brutes pour que la magie opère instantanément. L’IA n’est pas une baguette magique qui remplace votre stratégie marketing. Chez imagino, notre philosophie est pragmatique et intégrée.

  • Pragmatique : Les Directeurs Marketing (CMO) entendent beaucoup de promesses floues. Mais sur le terrain, les équipes veulent du concret : comment augmenter le taux de clic ? Comment créer des segments plus pertinents et plus rapidement ? L’IA doit répondre à ces questions par des résultats mesurables, pas par des concepts abstraits.
  • Intégrée : L’IA ne doit surtout pas devenir un énième outil complexe qui s’ajoute à votre « stack » technique déjà surchargée. Elle doit agir comme un copilote, directement embarqué dans votre interface de travail habituelle.

 
« L’idée n’est pas de vous forcer à changer d’outil pour aller « faire de l’IA », mais d’avoir un bouton intelligent juste à côté de votre outil, prêt à vous suggérer la meilleure variation de contenu ou le meilleur moment d’envoi ».
 

 

Le secret ? Apprendre à l’IA à parler « votre langue »

Pour qu’une IA soit réellement performante, elle doit comprendre de quoi elle parle. Elle ne peut pas deviner vos enjeux métier si elle ne voit que des lignes de code. C’est tout l’enjeu du modèle sémantique sur mesure. Si vous nourrissez l’IA avec des tableaux techniques bruts (issus de Snowflake ou Salesforce par exemple) remplis de noms de colonnes obscurs comme « TBL_TRANS_V2 », elle ne fera pas de miracles. Mais si vous lui donnez les clés de votre vocabulaire métier — en lui apprenant via une couche sémantique que telle table correspond à la « Fidélité », telle autre aux « Transactions Web » — tout change !

En posant ce vocabulaire business sur la donnée technique, vous donnez du contexte à l’IA. Elle ne se contente plus de calculer des probabilités, elle comprend votre activité. Elle peut alors vous dire : « Tiens, vu la baisse d’activité récente identifiée dans la table Fidélité pour ce profil, nous devrions tenter une action de rétention ou un coupon spécifique. »

 
« L’IA peut devenir un véritable partenaire stratégique qui parle votre langue et propose des actions logiques pour votre secteur ».
 

 

Au delà de la personnalisation : la pertinence

Utiliser l’IA sur une donnée qui n’est pas propre, mal typée ou mal contextualisée, c’est la garantie de l’échec ! C’est le fameux principe : Garbage In, Garbage Out. Dit autrement : mauvaises données, mauvais résultats. Le nerf de la guerre, c’est la fraîcheur de la donnée. Prenons un exemple concret : les soldes ou le Black Friday. Ce sont des moments d’hyper-réactivité où l’audience est captive mais volatile. Si un client hésite sur un article, sa décision se joue souvent dans l’heure. Si votre architecture de données est trop lente et que votre IA utilise une info qui date de la veille pour générer une relance, c’est trop tard : le produit sera déjà en rupture de stock ou le client l’aura acheté chez un concurrent. Votre message devient alors un bruit inutile.

C’est là que l’approche technique est décisive. La solution ? L’approche « Zéro Copie ». Au lieu de perdre du temps à dupliquer la donnée de vos entrepôts vers l’outil marketing (créant des latences et des risques de sécurité), activez-la directement là où elle est stockée (Snowflake, BigQuery…). C’est la seule façon de garantir une réactivité en temps réel.

 
« Il faut distinguer la personnalisation (mettre un prénom) de la pertinence. Un message peut ne pas contenir mon nom, mais me proposer exactement le bon produit au bon moment : c’est cela la vraie valeur. Mieux vaut un message pertinent et anonyme qu’un message personnalisé mais totalement à côté de la plaque. La véritable personnalisation, c’est la pertinence ! »
 

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